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le roman de Fela Anikulapo Kuti (2/3)


IV

Judgment of right and wrong rebelle : l’arme de l’Afrobeat

De retour au Nigeria début 1970, Fela trouve un contexte propice aux changements. Los angeles guerre civile, déclenchée après l. a. sécession du Biafra le 30 mai 1967, a pris fin le 11 janvier 1970 avec l. a. reddition des Biafrais. Durant les trente mois de ce conflit atroce, plus d’un million de personnes ont trouvé l. a. mort, dont une grande partie d’enfants et de femmes décimés par l. a. famine. Los angeles reconstruction et l. a. réconciliation se feront sans heurt, mais sans que les raisons qui ont mené à l’affrontement ne soient jamais réglées.

Avec l. a. fin de l. a. guerre civile, un vent d’optimisme souffle à nouveau sur Lagos. À Ikoyi, à Victoria, les quartiers d’affaire installés sur les îles au sud de l. a. capitale et centre économique du can pay, des immeubles poussent comme des champignons, arrosés par l. a. manne pétrolière. Des chantiers d’autoroutes enjambent les lagunes sur d’immenses viaducs de béton. Los angeles reconstruction va de pair avec l. a. réconciliation et l’intégration des ex-combattants ibos sécessionnistes dans l’armée fédérale. Toute l. a. vie culturelle profite de cet état d’esprit positif et l. a. musique bénéficie d’une économie florissante.

Open and Shut

À 32 ans, Fela adopte un mode de vie qui lui convient. Il fume de l’herbe, s’entoure de jeunes filles en fleur (et en fugue) comme de mauvais garçons pour sa sécurité. Il cultive ses idées sur l. a. query noire héritées des Black Panthers et milite en faveur d’un retour aux traditions africaines. Bravant les stumbling blocks, il parvient à faire venir Sandra de Los Angeles. En septembre 1970, l. a. jeune Américaine devient ainsi chanteuse soliste de Nigeria 70. Remi, femme officielle de Fela peu appréciée par sa belle mère Funmilayo Ransome-Kuti, qui adore Sandra pour son engagement politique, quitte l. a. maison familiale pour s’installer dans un appartement indépendant avec ses trois enfants. Mais Sandra, qui n’a pu obtenir qu’un visa de touriste, doit quitter le can pay six mois après son arrivée, au grand dam de Fela.

Alors que l. a. jeunesse urbaine éduquée de Lagos s’abreuve de l. a. pop des Beatles et se déchaîne sur les chorégraphies de James Brown, elle perçoit dans l’afrobeat un écho à l. a. vie du Lagos moderne. Fela suppose entièrement son rôle de performer : chanteur, danseur, meneur de revue. Il abandonne l. a. trompette pour les claviers, faisant un utilization très group of workers de l’orgue. Il rugit, prend l. a. pose dans son pantalon moulant, entouré de ses ravissantes danseuses, présente son nouveau pas de danse, « Open and shut », qui consiste à ouvrir et refermer les jambes de manière suggestive. D’une beauté plastique renversante, il rayonne de joie de vivre. Ses jeux de scène avec ses partenaires évoquent directement les plaisirs sexuels avec un raffinement et une modernité qui ravissent son jeune public.

Fela au Shrine, 1977. Photograph Jean-Jacques Mandel. Avec l’aimable autorisation de l. a. Philharmonie de Paris.

Les stars s’entichent de l’Afrobeat

Fin 1971, Ginger Baker, ex-batteur de Cream, energy trio qui a illuminé l. a. pop anglaise de 1966 à 1968, décide d’installer un studio d’enregistrement à Lagos. Il traverse le Sahara au volant de sa Vary Rover, en compagnie de Tony Palmer, caméra au poing. Son movie Ginger Baker in Africa témoigne de l’épopée. On y assiste à l’incroyable display de Fela dans un membership de Calabar, au sud-est du Nigeria, dans l’ex-Biafra. Ginger Baker mettra deux ans à installer l’A.R.C. Studio à Lagos, mais il se servira de son matériel 16 pistes pour enregistrer l’album Reside ! (1971) de Fela, l’accompagnant sur plusieurs morceaux, notamment « Black Guy’s Cry » et « Egbe Mi O (Elevate Me I Wish to Die) » très représentatifs des débuts de l’afrobeat.

Ce taste déconcertant fascine jusqu’à James Brown. Alors que l. a. tournée du Godfather of Soul, qui vient de former les JB’s, passe à Lagos, ces messieurs ne manquent pas d’assister au display de Fela. Bootsy Collins, alors bassiste des JB’s, raconte : « On est allé dans [son] membership, où ils nous ont traités comme des rois. On leur a dit qu’ils étaient les mecs les plus funky qu’on ait jamais entendu de notre vie. Je veux dire, on était le groupe de James Brown, mais ils nous avaient complètement bluffé ! »

Tony Allen raconte même que David Matthews, l’arrangeur des JB’s s’était tranquillement installé à côté de lui pour noter ce qu’il jouait : « Il regardait les mouvements de mes jambes et de mes mains et il se mettait à écrire… Ils ont pris beaucoup de choses de Fela quand ils sont venus au Nigeria. C’est comme s’ils s’étaient influencés mutuellement tous les deux. » Les morceaux « Down and Out in New York Town » et « Blind Guy Can See It« , sur l. a. BO du movie Black Caesar (1973), témoignent des emprunts de James Brown.

Open & Shut, album paru en 1971

En 1973, Paul McCartney vient à Lagos enregistrer au studio de son ami Ginger Baker. Sur son conseil, il rencontre Fela dans son nouveau membership, le Shrine. Mais lorsque l’ex-Beatles veut faire jouer certains musiciens d’Africa 70 sur son album, Fela intervient brutalement. Il l’apostrophe depuis sa scène, puis au studio, l’accusant de vouloir voler l. a. musique des Noirs. Vexé, Paul évitera toute quotation musicale africaine dans les events enregistrées à Lagos pour l’album Band at the Run de son groupe Wing.

Los angeles même année 1973, quand le trompettiste sud-africain Hugh Masekela, militant anti- apartheid, vient se ressourcer auprès de Fela, l’accueil est bien différent. Fela l’invite à jouer avec son groupe et l’emmène au Ghana, où il le présente à son vieil ami Faisal Helwani. Celui-ci va produire l’album Masekela Introducing Hedzolleh Soundz, un modèle de fusion afro-jazz où le jeune groupe ghanéen Hedzolleh Soundz signe l’essentiel des morceaux.

Africa 70 au Shrine

Los angeles carrière de Fela décolle vraiment en 1972, alors qu’il s’associe avec son vieux copain J.Okay. Braimah. Resté à Londres jusqu’en 1971, J.Okay. y retrouve Fela qui est venu enregistrer l’album Afrodisiac au studio Abbey Street. Fela n’a alors de cesse de le convaincre de rentrer au Nigeria et devenir son impresario. Après avoir rebaptisé son groupe Africa 70, Fela, trouve dans le membership de l’hôtel Empire, en face de l. a. propriété familiale où il s’est installé dans le quartier de Moshalasi-Mushin, le lieu idéal où mettre en scène le théâtre halluciné que deviendront ses presentations. Cette boîte, connue à l’époque du highlife, assez vaste pour accueillir près d’un millier de spectateurs, devient l’Afrika Shrine.

Son groupe a déjà amplement chauffé l. a. salle quand Fela fait son entrée, les poings brandis. Avec ses claviers, il se tient à l’avant de l. a. scène en forme de T, l’orchestre étant placé derrière lui. Africa 70 est alors composé de deux trompettes, dont le soliste Tunde Williams ; deux saxos ténors, Christopher Uwaifor et le soliste Igo Chico, Lekan Animashaun au saxo baryton ; trois guitares, basse, rythmique et l. a. “ténor”, jouée par Oghene Kologbo ; quatre percussionnistes, dont l’very good Henry Koffi aux congas ; sans oublier le magicien Tony Allen, à l. a. batterie et à l’interface entre Fela et l’orchestre. En 1973, après une dispute avec Igo Chico, Fela décide d’apprendre le saxophone en 24 heures. Il en jouera dès le live performance suivant… Les six splendides chanteuses danseuses évoluent entre Fela et l’orchestre.

Quatre petits podiums occupent chaque coin de l. a. piste de danse, les fameuses « cages » où de sculpturales gogo women au maquillage tribal dansent de manière très attractive pendant le spectacle. « Des projecteurs de couleur font apparaître leurs ondulations suggestives en ombres chinoises sur les bandes de tissus qui les entourent. Fela commande les projecteurs à l’aide de quatre pédales. Lorsqu’il pense qu’une des danseuses est fatiguée, il éteint le podium sur lequel elle danse et elle le quitte. S’il trouve que l’une d’elles ne paraît pas assez belle, il n’hésite pas à l. a. frapper, » raconte John Collins.

Pidgin et yabis

Dès l’arrivée de J.Okay. Braimah, l. a. carrière de Fela prend une autre size. Le premier album issu de leur affiliation contient deux cooks d’œuvres intemporels : Shakara (Oloje) et Girl, étalons de l. a. puissance créative de Fela. « Après Shakara, tout ce qu’on faisait devenait des hits » confirme J.Okay. Il sait faire fructifier le génie dévorant de Kuti et exerce une affect certain sur le contenu artistique de son œuvre. Il privilégie notamment le “pidgin english”, langue d’échange populaire entre toutes les ethnies du Nigeria, ce qui permet d’élargir le public de Fela, qu’il fait rire, s’indigner ou réfléchir.

Les paroles de Fela concernent à présent toute cette inhabitants nouvellement urbanisée du Nigeria. « Cross Gradual » dénonce les embouteillages de Lagos, comme l. a. gestion du can pay. « Roforofo Battle » dépeint ces adversaires qui s’invectivent en paroles et les met en garde : s’ils se battent dans l. a. boue, qui reconnaîtra l’un de l’autre quand ils seront tous deux souillés de fange ? « Gentleman » s’en prend aux africains qui s’habillent à l’occidentale. Fela s’impose « en maître chroniqueur de l. a. vie urbaine, en humoriste à scandale, plein d’ironie, en observateur pénétrant et perspicace de l. a. situation africaine postcoloniale » écrit Michael E. Veal. Avec « Je’ Nwi Temi (Don’t gag me) », Fela affirme : « Même si l. a. vérité est parfois difficile à entendre, elle reste ce qu’elle est : l. a. vérité. »

Naissance de Kalakuta

L’Afrika Shrine devient un lieu très attractif. Le samedi soir au “Complete Display”, on danse sur les dernières chorégraphies. Le dimanche à l. a. “Yabis Evening”, on peut échanger des idées, faire des jeux de mots, se moquer du monde sur les thèmes mis au débat par Fela, jamais en reste pour le yabis (l. a. plaisanterie immodérée). On mange, on boit au Shrine, qui fait place of job de librairie, avec les ouvrages de Kwame Nkrumah, Cheikh Anta Diop, Marcus Garvey, Malcolm X… Ces héros font l’objet du culte animiste et révolutionnaire qui se pratique devant l’autel installé près de l. a. scène. En baptisant son membership Shrine (le temple), Fela donne une size spirituelle à ce lieu de spectacle, dont il est le Leader Priest (grand prêtre).

Los angeles notoriété de l’artiste et son mode de vie attirent des jeunes gens qui partagent ses idées comme ses pratiques déviantes. Des sellers s’installent dans l. a. rue ainsi que l. a. prostitution. Des baraques de fortune servent de logement à des proches de l’organisation Africa 70. Des petites échoppes fleurissent autour du membership et de l. a. maison de Fela. Mais son succès en fait aussi l. a. cible des caïds du quartier, qui tentent d’imposer leur loi. Ils ont pris l’habitude de jeter des bouteilles cassées sur l. a. piste de danse en plein spectacle. Fela, qui entend faire cesser ces attaques, lance les “boys” de son carrier d’ordre dans des expéditions punitives et fait régner l’ordre.

A l. a. Philharmonie de Paris, ces encarts (en jaune) annonçant le programme du shrine (dont les Yabis evening) ont été aggrandis au layout affiche. Mais ils figuraient parmi les petites annonces, toujours accompagnées d’une quotation du leader « priest ». picture PAM.

Dear Shit !

Le 30 avril 1974, l. a. police débarque en nombre dans l. a. maison de Fela qui est en pleine interview. De l’herbe y est saisie et les 60 personnes qui s’y trouvent interpelées. Enfermé à l. a. jail d’Alagbon Shut, cellule “Kalakuta”, Fela fulmine : sa première tournée importante au Cameroun tombe à l’eau ! Les filles mineures qui habitent chez lui sont expédiées à l’help publique.

Libéré après huit jours, Fela est de nouveau arrêté chez lui en pleine nuit. Aux policiers qui viennent le cueillir, il va jouer un bon excursion. Après avoir avalé l’herbe apportée par les flics pour le confondre, Fela bénéficie de l. a. solidarité de ses codétenus, qui lui “cèdent une position” dans leur pot de chambre, où il peut évacuer l. a. preuve de son délit. Au troisième jour de sa détention, Fela qui jouait les constipés présente aux gardiens son pot de chambre avec un étron sans l. a. moindre hint de hashish !…

Ces événements inspirent deux chansons « Alagbon Shut » (1974) et « Dear Shit » (1975), où le comportement des forces de l’ordre est dénoncé et ridiculisé. Los angeles maison de Fela, baptisée “Kalakuta Republik” (“République des Vauriens”) est entourée de barbelés. Mais le 23 novembre 1974, lors d’une nouvelle descente, l. a. police l’écroule à coups de haches. Cette fois, elle cherche une fille de 14 ans en cavale, réfugiée chez Fela. Son père est… l’Inspecteur général de l. a. police de Lagos. Plusieurs fois déjà, il a envoyé ses sbires chercher sa fille. Mais comme elle voulait rester, Fela les avait laissés devant l. a. grille. Ce matin là, les habitants de Kalakuta jettent sur les flics tout ce qu’ils trouvent. Fela s’échappe par le toit. Et l. a. police met à sac Kalakuta, cognant sur tout ce qui bouge. À sa sortie de jail trois jours après, 10 000 supporters en délire accueillent Fela. Juché sur le toit d’une voiture, un bras en écharpe et un bandage sur le crâne, il insulte copieusement le gouvernement devant une foule ravie. L’événement est immortalisé dans l. a. chanson Kalakuta Display.

1975-77 les années fastes

1975 est une année charnière pour le Nigeria, comme pour Fela. Après leur putsch du 29 juillet, les généraux Murtala Ramat Muhammad et Olusegun Obasanjo annoncent que l. a. nouvelle junte redonnera le pouvoir aux civils en 1979. Ils dégraissent l’armée de 100 000 hommes, créent 7 nouveaux États et décident d’ériger l. a. capitale fédérale à Abuja au centre du can pay. Un nouvel Inspecteur général de l. a. Police, M.D. Yusufu, est nommé. Une aubaine pour Fela, automobile c’est une des rares personnalité intègre à ce niveau de responsabilité. De plus, il apprécie l. a. musique de Fela, qu’il tient pour un artiste et non un criminel, contrairement à ses prédécesseurs. Une période de répit d’environ un an s’ouvre ainsi pour le chanteur trublion.

Femi Kuti à l. a. Philharmonie de Paris, le jour de l’inauguration de l’exposition « afrobeat revolt ». Photograph PAM

Kalakuta vu par Femi

Au milieu des années 1970, Kalakuta ressemble à un croisement étrange entre une communauté hippie libertaire et un village africain avec sa hiérarchie, ses règles spécifiques. « Quand j’étais enfant, ça m’amusait beaucoup d’être à Kalakuta, se souvient Femi, fils aîné de Fela (…) Je me suis désintéressé des études dès mon entrée dans le secondaire. Les gens disait : « Ah ! C’est le fils de Fela ! »… L’école est devenue un calvaire. Les autres collégiens n’arrêtaient pas de m’injurier ou de me maltraiter : « Ton père, il fume de l’herbe ! », me lançaient-ils et l. a. bagarre commençait… »

« Je faisais l’école buissonnière pour aller à Kalakuta. Ma mère croyait que j’étais à l’école, alors que je passais mon temps à jouer à cache-cache, aux gendarmes et aux voleurs… Kalakuta et ses environs constituaient une sorte de petit village. Une bonne centaine de personnes vivaient autour de l. a. maison. C’était une petite communauté. Tout le monde se connaissait. Ça ressemblait à un petit quartier chaud vivant essentiellement l. a. nuit. On y trouvait de l. a. drogue, des filles, and so forth. Los angeles nuit, c’était woooo ! Vraiment incroyable ! »

L’héritage du “pasteur chantant”

En 1975, Fela débarrasse son nom de celui du pasteur britannique Ransome, qu’il considère comme une “souillure colonialiste”.

Flash-back ! Los angeles famille Kuti doit sa notoriété au grand-père de Fela, le révérend Josiah Jesse Kuti (1855-1930). Fils d’un batteur de tambour réputé, qui se bat contre l’implantation d’écoles chrétiennes, Josiah Jesse (J.J.) adopte très jeune les convictions de sa mère, l’une des premières femmes Egbas converties au christianisme. Dès ses 9 ans pris en primary par les missionnaires de l’église anglicane, J.J. devient professeur à l’École Saint-Pierre d’Abeokuta, qu’il quitte dix ans plus tard. Il se met alors à prêcher en plein air, bâtit l’église de Gbagura et est ordonné prêtre en 1897. Il fera construire 25 nouvelles églises, si bien qu’en 1911 il devient Pasteur de l’Église Saint-Pierre, essential lieu de culte chrétien d’Abeokuta.

Au centre, le reverend Josiah Jessee Ransome Kuti, qui enregistra en 1922 à Londres des cantiques Yorouba

Les qualités de musicien et de chanteur de J.J. ont contribué à convertir 250 000 fidèles Egba entre 1880 et 1920. Son idée de génie : composer des hymnes religieux adaptés de l. a. custom africaine. Le père Ransome, missionnaire britannique qui dirige J.J., comprend qu’il tient là un moyen infaillible d’attirer les conversions. Il entraîne J.J. à Londres pour lui faire enregistrer 4 chants religieux, en piano voix, sur le label Zonophone. Ces chants remportent un tel succès au Nigeria que le mentor anglais de J.J. lui fait “don” de son nom. Ainsi rebaptisé J.J. Ransome-Kuti, le grand-père de Fela accède à l. a. célébrité comme “le pasteur chantant”.

Deux générations plus tard, Fela s’oppose violemment à l’héritage de ce grand-père chrétien qui have compatibility le jeu des colonisateurs. Son battle politique contre l. a. soumission des Africains aux règles importées par les Blancs l’entraîne à exprimer sa détermination à défaire tout ce que son aïeul avait construit par son travail de missionnaire. Par un solennel retour à l’authenticité africaine, il se choisit un nom de battle : Fela “Celui dont émane l. a. grandeur” Anikulapo “qui a l. a. mort dans son carquois” Kuti “dont l. a. mort ne peut être causée par les mains de l’homme.”

Maître en son domaine

À l’symbol de James Brown, Fela est un despote intransigeant sur scène envers ses musiciens, danseuses et chanteuses, qu’il met à l’amende pour une fausse word, une erreur de pace, and so forth. Il est aussi le maître de sa maisonnée, artiste en tout level certes, mais aussi mi-gourou, mi-monarque éclairé. Quand Fela apparaît en slip dans le salon pour démarrer sa journée vers 15h, chaque membre de son entourage a sa fonction : l’un lui sert à boire, l’autre son plat de riz, un troisième lui have a tendency l. a. boîte à joints. Los angeles première bouffée d’herbe odorante démarre ses activités, qui s’achèveront vers 6 heures du matin.

L’engagement politique de Fela fascine les étudiants. Auprès de lui, ils viennent s’initier à l. a. pensée du Black Energy et aux réalités de l’Histoire de l’Afrique. « Mon université se trouvait devant moi, en l. a. personne de Fela, » se souvient ID, le futur responsable de l. a. communique du Black President, qui fréquente Kalakuta de préférence à l. a. fac. Chaque jour, il vient pour s’entretenir, échanger des idées avec l’artiste. Il consulte les ouvrages de sa copieuse bibliothèque africaniste, se plonge dans ceux qu’il lui conseille et begin progressivement à se sentir « un vrai Africain ».

John Collins, Anglais qui vit au Ghana depuis 1952 — personnalité incontournable du monde musical, il deviendra ethnomusicologue, chef du département musique de l’Université du Ghana, marketing consultant, producteur de disques, journaliste, écrivain — a fréquenté Kalakuta de l’intérieur. En 1974, guitariste de Basa-Basa and the Bunzu Sounds qui vient jouer et enregistrer au Shrine, voici sa imaginative and prescient de Kalakuta : « Le singe à l. a. porte, l’âne dans l. a. cour et le grand chien alsacien hirsute Wokolo (« Va chercher une chunk ») toujours là. Los angeles salle d’attente jaune avec ses fauteuils recouverts de peluche, sa peau d’ours, des pictures de Fela et ses amis. Los angeles petite salle de réunion avec ses coussins et le fauteuil spécial de Fela sur lequel il siège pour le tribunal. »

En 1975, il assiste à cette scène, qui fait partie de l. a. vie intime de l. a. communauté : « Une danseuse à l. a. tête rasée était restée pendant des heures à râler et crier dans l. a. Kalakosa [petite prison virtuelle faite avec des ficelles en guise de barreaux, dans laquelle un résident de Kalakuta puni doit expier sa faute, sous peine de devoir quitter la maison]. On l’en kind et les résidents l’entourent dans l. a. cour. Elle se met à hurler à l’adresse de Fela. Alors lui, J.Okay. Braimah et les autres lui répondent par des chants en chœur, au rythme de leurs battements de mains. Soudain ce jeu de chants se transforme en une chanson. Puis l. a. magie se brise et l. a. danseuse retrouve son calme ainsi que sa liberté, pendant que les gens de Kalakuta reprennent chacun leur activité, échangeant leurs commentaires comme s’ils venaient de voir un bon movie. »

L’âge d’or de l’Afrobeat

Entre 1975 et 1977, Fela donne le meilleur de sa musique avec pas moins de 23 albums truffés de chefs-d’œuvre : six en 1975, sept en 1976, dix en 1977. À cette époque, Fela stimule son inspiration en cessant de jouer les morceaux sur scène après les avoir enregistrés.

Ses paroles ciblent de plus en plus directement les déviances de l. a. société africaine postcoloniale (« Ikoyi Blindness », « Colonial Mentality »). Il dénonce l’oppression intolerable qu’exerce le pouvoir militaire sur le peuple, les sévices dont lui-même et sa communauté sont victimes (« The entirety Scatter », « Kalakuta Display », « Sorrow Tears and Blood », « Shuffering and Shmiling »). Il raille cette “élite” africaine, qui souhaite bénéficier d’une éducation européenne, et qui accepte l’infériorité dans laquelle les colonisateurs blancs ont maintenu les Noirs (J.J.D. = Johnny Simply Drop). Il fustige l. a. corruption des gouvernants (« Monkey Banana », « Needless Begging »), and so forth.

Africa 70 est au summum de son artwork. Compacte, l. a. musique se développe comme le rouleau d’une imprecise géante, venu de loin au huge ; elle se forme avec l. a. lenteur des montagnes, se gonfle et s’élève, laisse apparaître l. a. crête blanche au sommet du majestueux édifice mouvant de sa masse fluide et déferle puissamment modelant le fuselage d’un tube comme un rêve de surfeur, dans lequel s’engouffrent les solistes puis l. a. voix de Fela. Certains estiment qu’il construisait ses morceaux à l. a. manière d’un acte sexuel, élément absolument essentiel dans l’équilibre de sa vie : une piste intéressante…

« J.J.D. », enregistré en public à l. a. Kalakuta Republik, révèle l. a. solidarité joyeuse, l’environment chargée de magie que Fela parvient à installer en live performance. Au Shrine, l’orchestre chauffe le public pendant une heure ou deux. Quand il apparaît, Fela verse une libation sur l’autel près de l’entrée. Après avoir salué son public avec l. a. gentillesse d’un ami, il se tient motionless, le temps que son technicien installe ses tools et ses micros. Lorsque tout fonctionne, l. a. musique se met doucement en marche, rythme par rythme, software par software, jusqu’à produire cette polyrythmie envoûtante et polymélodique à l. a. development inexorable.

« J.J.D. » est probablement l. a. seule “photographie sonore” témoignant des permutations telluriques que Fela était succesful d’imprimer à son orchestre et à son public, qu’il savait conduire jusqu’à un état proprement cathartique et qu’il laissait en état d’hébétude après cette expérience inoubliable.

Fela Kuti – J.J.D. (Johnny Simply Drop!!)

L’entrée en politique

En 1976, Fela se politise pour de bon. Sandra, venue spécialement de Los Angeles enregistrer l’album Upside Down avec Africa 70, passe deux mois et demi à Lagos. Los angeles promesse d’une démocratie rendue aux civils laisse poindre l’euphorie de l’espoir. Fela se projette déjà dans ce personnage du Black President, qu’il prévoit d’incarner dans un movie avant de se présenter aux suffrages du peuple. Ses diatribes politiques, attaques verbales et autres moqueries relayées par les médias redoublent envers les gouvernants, alors qu’Olusegun Obasanjo prend les rênes du pouvoir après un coup d’État manqué.

Le 20 novembre 1976, Fela fonde les Younger African Pioneers (YAP). ID et ses deux amis, Duro Ikujenyo et Ghariokwu Lemi, le génial graphiste qui réalise les pochettes des albums de Fela, sont chargés de tenir le bureau de l’organisation et de diffuser dans son magazine, YAP Information, les idées politiques de Fela. Los angeles véritable venture des YAP est de contribuer à l. a. campagne politique de Fela, qui va se présenter aux élections présidentielles de 1979.

Le tournage du movie autobiographique qui doit servir l. a. propagande de Fela, Black President, a démarré avec une équipe ghanéenne. L’environment y est particulièrement déjantée, selon John Collins, qui y joue le rôle d’un inspecteur d’académie anglais. Sur l. a. path de Lagos à Abeokuta, Fela, au volant de son minibus VW peint à l. a. mode psychédélique avec le nom de son groupe, s’amuse à faire l. a. direction avec les grosses cylindrées, spécialement les Mercedes. Dès qu’une grosse bagnole tente de le dépasser, il appuie à fond sur le champignon. Et quand le conducteur se retrouve à sa hauteur, il lui jette des regards de fou furieux hilare. Bien sûr, quand un autre véhicule apparaît en sens inverse, l. a. Mercedes doit se rabattre derrière le minibus, ce qui provoque une explosion de rire dans le minibus.

À l’approche de l. a. quarantaine, Fela n’a rien perdu de son esprit potache et déconneur. Mais l. a. risk que représente son engagement politique, alors que ses chansons ont fait de lui un véritable héros du peuple, va l’exposer à des représailles, dont il n’aurait jamais imaginé l’extrême violence. En toute instance, il saura néanmoins se montrer d’un braveness exemplaire.

ID à l. a. Philharmonie de Paris, devant un numéro du magazine YAP Information dont il était le rédacteur en chef. Photograph PAM

Le Festac

Afin de redorer l’symbol du can pay, ternie par l. a. guerre du Biafra, le gouvernement nigérian a décidé de reprendre le flambeau du premier Pageant mondial des Arts nègres, organisé à Dakar en 1966. Du 15 janvier au 12 février 1977, le Festac se tient donc à Lagos, célébrant l. a. créativité culturelle des artistes de l’Afrique et de ses diasporas. Coût de l’opération, environ 140 thousands and thousands de nairas, près de 140 thousands and thousands de bucks à l’époque. Los angeles musique tient une position prépondérante dans le programme. Parmi les invités : Stevie Surprise, Isaac Hayes, Solar Ra, Caetano Veloso, Gilberto Gil, Miriam Makeba, Tabu Ley Rochereau, Mighty Sparrow, Sidiki Diabaté, Les Amazones de Guinée, King Sunny Ade, mais… pas Fela !

Sollicité à participer au comité préparatoire, Fela est d’abord prêt à collaborer, avant de se montrer intraitable envers les organisateurs de cette “grand messe” qu’il identifie rapidement comme étant “une natural escroquerie”. Le programme qu’il suggest est rejeté en bloc par le général qui préside le comité. Fela récuse publiquement qu’un militaire puisse être responsable de ce rassemblement culturel, démissionne et annonce qu’il organise un “contre-Festac” au Shrine.

« Pendant tout un mois, nuit après nuit, le Shrine était bourré à craquer de Noirs venus de partout, raconte Fela. Ils voulaient tous savoir ce qui se passait réellement au Nigeria. Pourquoi je boycottais le competition, and so forth. Et je leur ai tout dit. J’ai utilisé le Shrine comme une tribune pour dénoncer toute l. a. merde, toute l. a. corruption de ce gouvernement qui les avait invités. J’ai tout déballé. Heeeeeey ! Ça, le gouvernement ne me l’a jamais pardonné! Mais Obasanjo s’est retenu. Il a attendu l. a. fin du Festac et que tout monde se soit barré de Lagos. »

VI

Los angeles destruction de Kalakuta et ses conséquences

Le 18 février 1977, six jours après l. a. clôture du Festac, un bataillon de soldats prend d’assaut l. a. villa de Fela. L’album Zombie vient de sortir. Sa chanson titre dénonce l’aveuglement obtus des militaires, comparés à des morts-vivants. Une provocation de trop, que le pouvoir militaire ne peut supporter.

Les soldats procèdent à une mise à sac méthodique : les voitures, le minibus, le matériel de musique, tout est systématiquement cassé puis l. a. maison incendiée. Ses habitants sont molestés, les femmes violentées. Los angeles Kalakuta Republik passe en quelques heures d’un espace de liberté à un spectacle de désolation. Los angeles Junction Hospital, établissement privé que Beko, le frère cadet de Fela, a fait construire sur l. a. même parcelle familiale et qui dispense des soins gratuits aux pauvres du quartier, est également saccagée et brûlée. Los angeles mère de Fela, Funmilayo Ransome-Kuti, vit alors au premier étage de Kalakuta, âgée de 76 ans. Les nervis du pouvoir n’hésitent pas à l. a. précipiter par l. a. fenêtre de sa chambre.

Funmilayo Ransome Kuti, portrait exposé à l. a. Philharmonie de Paris. (DR)

Funmilayo Ransome-Kuti (1900-1978)

Il faut ici rappeler l. a. femme exceptionnelle que fut l. a. mère de Fela.

Funmilayo (“donne-moi le bonheur”) était le pur produit de l’éducation religieuse du temps de l. a. colonie britannique au Nigeria. Son grand-père paternel, disciple de l’Anglican Religion (foi anglicane), était le fils d’un de ces hommes razziés parmi l. a. inhabitants Egba. Vendu comme esclave au Nouveau Monde, celui-ci avait été renvoyé en Afrique après l’abolition de l. a. traite des Noirs. Il avait débarqué au Liberia, nouvel état fondé en 1821 pour y installer les esclaves libérés. Bien qu’ayant perdu son nom au benefit de Thomas, son saint patron, l’homme avait conservé l. a. mémoire des origines de sa famille. Il avait donc décidé de quitter l. a. côte du Libéria pour rejoindre Abeokuta, l. a. capitale royale de l’Egbaland.

C’est là que naissait son arrière petite-fille, le 25 octobre 1900. Élève brillante à l’Abeokuta Grammar Faculty, qu’elle dirigera plus tard avec son mari, elle fait ses études supérieures en Angleterre avant de regagner sa ville natale. Le 20 janvier 1925, quand elle épouse le révérend I.O. “Daodu” Ransome-Kuti, elle est institutrice. Le caractère brillant et déterminé de Funmilayo va se manifester par un engagement politique exemplaire. Elle organise d’abord l’Union des Femmes Egba, qui va regrouper jusqu’à 20 000 membres, puis l’Union des Femmes Nigérianes, fondée en 1945.

Funmilayo s’illustre notamment dans son battle contre les taxes imposées arbitrairement aux petites commerçantes du marché par le chef traditionnel de l’Egbaland, l’Alake Ademola. Elle organise l. a. mobilisation afin de faire cesser ce racket, qui prive les femmes d’une partie essentielle de leurs maigres revenus. Inlassable dans ses démarches auprès des cases coloniales, jusqu’à Londres, Funmilayo obtient achieve de purpose après deux ans d’un battle acharné. Ainsi, Oba Alake Sir Ladapo Ademola II, ce roi devant lequel l. a. coutume voulait que chaque sujet se prosternât, est contraint d’abdiquer en 1949. Il s’exile hors de l’Egbaland, chez les Yorouba du nord.

Funmilayo Ransome-Kuti voue son motion essentiellement à l. a. purpose des femmes. En 1953, elle fonde l. a. Fédération des Sociétés de Femmes Nigérianes, qu’elle fait entrer dans l. a. Fédération Internationale Démocratique des Femmes. Son affect est décisive dans l’obtention du droit de vote pour les femmes dans l. a. première Charter républicaine du Nigeria indépendant votée en 1963. Alors qu’une profonde amitié l. a. lie au chief ghanéen Kwamé NKrumah, sa carrière politique prend une size internationale dans les années précédant l’accès à l’indépendance.

Femme politique influente, elle visite alors les can pay de l’Est, est accueillie par Mao ZeDong et reçoit le Prix Lénine de l. a. Paix en 1960. Mais son positionnement politique et son intransigeance idéologique l. a. placent en porte-à-faux d’abord vis-à-vis de son parti, qui l’exclut, puis des gouvernants du nouvel État nigérian, qui l. a. privent notamment de son passeport afin de limiter son motion au territoire nationwide. Très proche de son fils Fela jusqu’à l. a. fin de sa vie, Funmilayo a aiguisé son sens critique, son braveness militant et son africanisme.

Deadlock

Durant le mois qui swimsuit l. a. destruction de sa maison, Fela passe de l’hôpital à l. a. jail, une jambe dans le plâtre et des pansements sur ses blessures multiples. Au tribunal, il apprend que ce sont des “soldats inconnus” qui ont incendié sa maison et que personne ne lui doit quoi que ce soit… Toutes les accusations portées à son encontre sont annulées et les plaintes qu’il a lui-même déposées afin d’être dédommagé sont évacuées. Ce horrible épisode lui encourage deux nouveaux albums : Sorrow, Tears and Blood et Unknown Soldier. Dans le premier, il dénonce l. a. police et l’armée qui laissent derrière elles « l. a. douleur, des larmes et du sang : leurs marques de fabrique ! ».

Fela Kuti – Sorrow Tears & Blood

En cette année 1977, Fela est sérieusement sonné mais pas encore KO. Les 80 personnes qui vivaient à Kalakuta se retrouvent à l. a. rue, sans le sou. L’organisation des YAP, déclarée illégale, est dissoute… Stalemate (“Deadlock”) est le titre d’un des dix albums qu’il publie cette année-là. Aux abois financièrement, puisqu’à Lagos l. a. police empêche l’accès à ses live shows, Fela réenregistre d’anciens titres – « Why Black Guy Dey Undergo », « Girl », « Frustration of My Girl » – et laisse ses deux solistes, Tony Allen et Tunde Williams faire leurs albums respectifs – Growth et Mr. Giant Mouth – accompagnés par Africa 70. Aucun expédient ne peut être négligé pour permettre à l. a. troupe de survivre au jour le jour.

Sans maison, Fela et ses proches campent un temps dans le storage de son frère Beko. Mais l’été venu, le chanteur va trouver une resolution originale : squatter le bureau du directeur de Decca, maison de disques qui avait publié certains de ses albums en 1976 et avec laquelle il est alors sous contrat. Une clause précise que si l’une des deux events ne le respecte pas, elle est redevable de l. a. somme de 250 000 nairas à l’autre partie. Or, Decca a fabriqué 60 000 exemplaires de Sorrow, Tears and Blood en Angleterre et refuse de les commercialiser, sur l’injonction du gouvernement nigérian.

Le contrat n’étant pas respecté, Fela vient réclamer son dû, à défaut de quoi, il va occuper les locaux de l. a. manufacturing jusqu’à ce qu’elle s’acquitte de sa dette. À l’été 1977, Fela et sa troupe s’installent donc sur l. a. moquette du bureau du patron de Decca à Lagos, un Européen. Au bout de deux mois, les négociations n’aboutissant à rien, l. a. seule personne qui parvient à convaincre Fela de déguerpir est le chef de l. a. police M.D. Yusufu, à qui l’artiste ne peut ni ne veut rien refuser…Mais un problème beaucoup plus grave préoccupe Fela. Le tournage du movie à sa gloire, Black President, s’est achevé début 1977. L’équipe ghanéenne est rentrée à Accra, laissant à Fela le soin de mixer l. a. bande son. Or, pendant l’attaque de Kalakuta, l’distinctive exemplaire, qui contenait de nombreux enregistrements are living d’Africa 70, est parti en fumée. Fela avait investi 1,5 thousands and thousands de nairas dans ce movie, élément déterminant de sa campagne électorale. Dans l’purpose de refaire l. a. musique en studio, il se rend donc au Ghana à l’automne. Mais réenregistrer les events are living s’avère not possible… Le movie qui devait marquer l’apogée de sa carrière de musicien et l’confirmation de son engagement en faveur d’un changement radical de politique au Nigeria ne verra donc jamais le jour.

Bref shelter au Ghana

Empêché de se produire à Lagos, Fela installe sa troupe à Accra, où l. a. demande ne manque pas. Mais ses problèmes judiciaires impliquent des aller-retour au Nigeria. L’un d’eux est l’instance d’un événement devenu légendaire. En février 1978, un an après l. a. destruction de Kalakuta, Fela décide de commémorer cet anniversaire de triste mémoire en organisant son mariage avec les 27 femmes qui vivent avec lui. Bien qu’elles soient consentantes, cette union choque l. a. société nigériane moderne. Pour ses contemporains qui se projettent dans le modèle occidental, ce geste s’inscrit à l’opposé de toute morale, ces 27 jeunes femmes, danseuses et chanteuses étant considérées comme des prostituées.

Fela agit cependant en cohérence avec l’idéologie africaniste qu’il prône, se conformant aux traditions ancestrales qui ont prévalu durant des millénaires avant l. a. colonisation. Ce faisant, il position son personnage au sommet de l. a. hiérarchie sociale, l. a. puissance d’un monarque pouvant s’évaluer au nombre de ses épouses. Son avocat fera capoter l. a. célébration en convoquant l. a. presse et en refusant de cautionner le mariage. Mais deux jours plus tard, Fela organise une cérémonie intime avec un prêtre traditionnel ifa. Dans les interviews qu’il donne à cette instance, le chanteur développe ses idées sur l. a. femme, les members of the family sexuelles et l. a. virilité.

De retour au Ghana pour un live performance dans le grand stade d’Accra, Fela redouble de diatribes politiques et de propos hostiles à l’oppression des militaires. Or à l’époque, l. a. jeunesse ghanéenne conteste vigoureusement l. a. junte au pouvoir. Et quand « Zombie » retentit dans le stade, l. a. foule explose. Des groupes d’émeutiers s’en prennent aux soldats dont l. a. présence est ostensible. Fela et son équipe sont arrêtés, placés en garde-à-vue, expulsés deux jours plus tard et interdits de séjour au Ghana.

Los angeles Kalakuta Republik se réinstalle alors à Lagos dans une maison mise à disposition par J.Okay. Braimah. Dans le même quartier d’Ikeja, un terrain est trouvé pour bâtir le nouveau Shrine. Los angeles mémoire de Funmilayo Ransome-Kuti, qui succombe le 13 avril 1978 des suites de sa défenestration, y sera ardemment célébrée devant l’autel installé au pied de l. a. scène. Alors que Fela vient de perdre le modèle de détermination positive que représentait pour lui celle qui avait largement contribué à forger son esprit militant et résistant, son fils Femi, 16 ans, s’installe à Kalakuta.

Désertion

Le tout premier live performance que Fela et sa troupe donnent en Europe a lieu au Pageant de Jazz de Berlin en septembre 1978. Le public n’est pas tout à fait préparé à recevoir le style de display que stability Africa 70 au Shrine. Fela lui-même semble légèrement déstabilisé par les protestations de certains spectateurs allemands qui ne comprennent pas son anglais. Mais l’environment se réchauffe à mesure que le spectacle va crescendo. Si « V.I.P. » a du mal à décoller, « Energy Display » dévoile l’incroyable potentiel de l’orchestre dont l’énergie se libère sur l’very good « Pansa Pansa ». Enfin, l’estocade est portée grâce aux déhanchements prodigieux des six danseuses sur « Go Exam » : 20 mins de pur afrobeat !

Fela Kuti – Energy Display Reside at Berliner Jazztage, Berlin 1978

L’enthousiasme est tel que, le lendemain du live performance, une petite moitié des membres de l’orchestre en profite pour jouer l. a. fille de l’air. Une rumeur a couru selon laquelle l’argent gagné en Allemagne allait servir à financer l. a. campagne présidentielle de Fela. De son côté, le Black President raconte qu’il ne lui restait plus rien, automobile son cachet de 100 000 $ (d’autres resources parlent de 80 000 $) devait aussi couvrir les frais de shipping et de logement des 70 personnes de sa troupe. Quoi qu’il en soit, avec le départ de Tony Allen, l. a. musique de Fela se retrouve amputée d’un des éléments qui ont marqué sa power originale.

Rentré au Nigeria en 1979, le batteur annonce qu’il démissionne définitivement. Mais il prend le temps d’enregistrer sous son nom No Lodging for Lagos, un album avec Africa 70 et l. a. participation de Fela, qui le coproduit. Quant à ce dernier, il publie deux albums Unknown Soldier et V.I.P. (Vagabons in Energy – Vagabonds au pouvoir). Sa rencontre avec le jazzman californien Roy Ayers — qui embauche également Tony Allen — donnera l. a. matière de deux albums : Tune of Many Colors signé Ayers et 2000 Blacks signé Fela, publiés en 1980.

Retrouvez l’histoire de Fela Kuti jusqu’au 11/06/23 à l. a. Philharmonie de Paris

Chaque lundi, du 24 octobre au 7 novembre, PAM publie sur son web page sa Felagraphie, un grand récit biographique signé par François Bensignor. Ne le manquez pas.




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